Sur le chemin de l'histoire

L’histoire de Genève à travers ses noms de rues

En passant par Carouge

La promenade des Orpailleurs

L’Arve a toujours été une rivière aurifère. Du Moyen Âge à aujourd’hui, on y a cherché, et même trouvé de l’or ! En infimes quantités cela dit… Cependant, ce passé doré reste en mémoire grâce à la promenade qui longe l’Arve à Carouge : celle des Orpailleurs !

Les rivières d’or et l’orpaillage

Intéressons-nous d’abord au terme orpailleur. Il dérive de l’ancien français «harpailler», qui signifie empoigner, ou saisir. Les orpailleurs sont alors ceux qui tentent d’empoigner les paillettes d’or dans les alluvions des rivières.

L’or présent dans les rivières genevoises provient des Alpes. Avec l’érosion, les roches s’altèrent et l’or se détache sous forme de paillettes dans le sable. Sa densité bien plus élevée que celle de la roche, lui permet d’être facilement séparé du sable par lavage. On place dans une assiette creuse (une battée) une poignée de sable avec de l’eau. On la fait tourner pour faire tomber le sable, jusqu’à peut-être apercevoir des paillettes briller dans le fond…

Chercheur d'or
Prospecteur d'or en train de filtrer le sable d'un cours d'eau, photographié par L.C. McClure (Californie, 1850)

L’or à Genève

La première mention de recherche d’or à Genève date du XIVe siècle. En 1397, une concession est accordée à deux orpailleurs, Etienne Massonay et Jean Probe, par le châtelain de Gex. Ils paient douze deniers chacun pour avoir le droit de chercher de l’or sur les bords du Rhône, sur une terre qui appartient à l’époque au comte de Savoie.

Les redevances varient au cours des années. Des concessions sont accordées à d’autres orpailleurs aux siècles suivants, avec un pic d’activité au XVIIe siècle. Ces nouveaux orpailleurs arrivent à Genève avec les persécutions religieuses dues à la Révocation de l’Edit de Nantes (1685). Ils viennent des Cévennes et de l’Ardèche, deux régions où l’on pratique activement la recherche d’or.

Ce regain d’activité est suivi au milieu du XVIIIe siècle par un déclin de l’orpaillage, que l’on observe dans l’ensemble de l’Europe. Les derniers orpailleurs genevois connus cessent leurs activités autour de 1900. On considère que leur travail leur rapporte à l’époque entre trois et quatre francs par jour.

Aujourd’hui encore, l’orpaillage est autorisé, mais soumis à autorisation.

La promenade des Orpailleurs

Les chercheurs d’or de l’Arve

L’Arve n’est pas la rivière la plus chargée d’or de la région genevoise. Cependant, avec l’arrivée des orpailleurs français au XVIIe siècle, elle devient l’objet de concessions pour la recherche d’or. En 1651 notamment, suite à une grande inondation, on trouve particulièrement «beaucoup» d’or dans ses alluvions. Cependant, il n’y en a pas assez pour faire fortune, et les orpailleurs rendent vite leur concession.

Elle reste toutefois une rivière appréciée des orpailleurs amateurs et des tireurs de sable, qui gagnent leur vie en retirant le sable de l’Arve pour le vendre sur les chantiers de la ville (et auxquels on s’intéressera un jour prochain !)

Dans les années 1930, l’aspect aurifère de l’Arve intéresse encore les savants, qui font des prélèvements pour étudier les gisements d’or genevois de façon scientifique. Et enfin, encore très récemment, on a trouvé de l’or dans l’Arve… en construisant le CEVA !

La promenade des Orpailleurs

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Sources

Noms géographiques du canton de Genève. En ligne ici.

Pittard Jean-Jacques. « La recherche de l’or dans la région de Genève ». Le Globe. Revue genevoise de géographie, tome 75,1936. pp. 1-94. En ligne ici

Wildi, Walter, Corboud, Pierre, Girarclos, Stéphanie et Gorin, Georges. « Guide: géologie et archéologie de Genève ». 14.03.2017. En ligne ici

Images

Image 1: Unsplash

Image 2 : Prospecteur d’or en train de filtrer le sable d’un cours d’eau, photographié par L.C. McClure (Californie, 1850). Domaine public, Wikipedia Commons.

Images 3 et 4 : Photographies de l’auteure

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