Un jour, une histoire

Que s’est-il passé le 26 octobre...

26 octobre 1899

Les publicités du Journal de Genève

Je sais, c’est curieux de s’intéresser aux vieilles publicités. Surtout celle du Journal de Genève, minuscules, collées les une aux autres pour en faire tenir un maximum sur une page… Mais dans l’édition du 26 octobre 1899, une d’entre elles a retenu mon attention…

Le Vin Désiles d’Alexandre Choffé

Paru dans le Journal de Genève le 26 octobre 1899 (et à d’autres dates), le Vin Désiles est un produit pharmaceutique déposé en 1894, qui d’après son fabricant, avait une très large gamme d’indications : anémie, phtisie, surmenage, convalescences, faiblesse musculaire ou nerveuse, fatigues, veilles, travaux de cabinet, épuisement prématuré, troubles de l’estomac et de l’intestin, viciation du sang…

vin désiles

Alexandre Choffé : médecin de la Marine et concepteur de médicaments

Alexandre Choffé nait le 12 janvier 1845 et entreprend dès 1867des études à l’École impériale du Service de santé militaire de Strasbourg. En 1868, il est reçu à l’examen d’aide-médecin auxiliaire de la Marine, poste qu’il occupe durant plusieurs années. Il devient médecin en 1873.

Alexandre Choffé est surtout connu pour ses médicaments. Il en a imaginé beaucoup, et deux sont restés célèbres : la Désiline et le Vin Désiles. Ce dernier est présenté comme

« une préparation interne tonique, apéritive, digestive, et d’une saveur agréable », à prendre « à chacun des deux principaux repas ou quelques instants avant. […] Ce vin composé qu'[il] fait prendre à l’intérieur est […] une espèce de vin de quinquina, ses propriétés échauffantes [ont] une action directe sur la fibre musculaire qu’il tonifie comme le ferait une gymnastique bien ordonnée »

La composition du Vin Désiles est donnée en 1895 par un certain Dr Hadet en 1895 :

«du kola pour prévenir les dilatations du cœur droit ; du coca pour maintenir le bon état des voies digestives, soutenir l’appétit ; de l’iode pour cicatriser les muqueuses, ralentir l’expectoration et pour garder en excellente conservation tout le réseau sanguin; du phosphate de chaux, pour fournir à tous les tissus des éléments de rénovation et pour empêcher l’amaigrissement et la perte de forces; du quinquina et du tanin qui tendent à calmer les excès de la température corporelle; du cacao enfin, aliment de choix essentiellement réparateur. »

Une bouteille, conservée par la Société d’histoire de la pharmacie, nous précise sa composition exacte:

  • Vin spécial de liqueur à 15°  1L
  • Noix de kola  11 g
  • Feuilles de coca  14 g
  • Quinquina succirubra  13 g
  • Théobroma – cacao  3 g
  • Iode (teinture Codex)  0,40 g
  • Phosphate de chaux  1 g
  • Glycérine chimiquement pure 30°  2 g
  • Alcoolature d’orange  18 g
  • Carbonate de lithine  0,050 g

Quant à sa posologie, « ce vin se prend avant, après ou entre les repas, selon qu’on l’emploie comme apéritif, digestif ou tonique », à raison de 2 à 3 verres par jour « L’homme y puise la force, la vigueur et la santé ».

Un remède « miracle » à consommer sans modération apparemment… 

vin désiles
Le vin Désiles faisait aussi sa publicité sur affiche et carte postale...

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Sources

Journal de Genève, 26 octobre 1899, https://letempsarchives.ch/page/JDG_1899_10_26/1

Lefebvre Thierry, Raynal Cécile. Alexandre Choffé et le Vin Désiles. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 89ᵉ année, n°330, 2001. pp. 193-214. http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2001_num_89_330_5216

Images

Images 1 et 2: Journal de Genève, 26 octobre 1899, https://letempsarchives.ch/page/JDG_1899_10_26/1

Image 3 (carte postale): https://www.cpa-bastille91.com/le-vin-desiles-dalexandre-choffe/

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