Le 20 avril 1534, le navigateur français Jacques Cartier quitte le port de Saint-Malo pour entreprendre son premier voyage vers l’Amérique du Nord. Soutenu par le roi François Ier, il reçoit pour mission d’explorer de nouveaux territoires, de trouver des richesses et, si possible, de découvrir un passage vers l’Asie.
Jacques Cartier naît en 1491 à Saint-Malo, l’un des ports les plus actifs d’Europe, entre la fin du XVe et le début du XVIe siècle. Il grandit dans un environnement tourné vers la mer, ce qui l’amène très tôt à devenir marin. Bien que ses débuts restent mal connus, il acquiert une solide expérience de navigation, probablement en participant à des voyages vers le Brésil.
Il est un notable de sa ville et épouse en 1520 Catherine des Granches, issue d’une famille aisée, ce qui renforce sa position sociale. Cartier parle également le portugais, preuve de son expérience maritime internationale.
C’est grâce à l’appui du prélat Jean Le Veneur qu’il est présenté au roi François Ier. Ce dernier, désireux de rivaliser avec l’Espagne et le Portugal dans la conquête du monde, lui confie une mission d’exploration vers l’ouest. Cartier effectuera au total trois voyages au Canada entre 1534 et 1542. Il meurt en 1557 à Saint-Malo, après s’être retiré de la vie maritime.
Au début du XVIe siècle, les grandes puissances européennes cherchent de nouvelles routes commerciales vers l’Orient. Inspiré par les récits du navigateur italien Giovanni da Verrazzano, François Ier espère trouver un passage vers l’Asie et notamment la Chine par le nord de l’Amérique.
Jacques Cartier, marin expérimenté, est choisi pour mener cette expédition. Son objectif est double: découvrir de nouvelles terres riches en or et en ressources, et ouvrir une route maritime vers l’Asie.
Le 20 avril 1534, Cartier appareille avec deux navires d’environ 60 tonneaux chacun et un équipage d’environ 60 hommes. La traversée de l’océan Atlantique est rapide pour l’époque. En seulement vingt jours, il atteint les côtes de Terre-Neuve, le 10 mai 1534.
Après avoir franchi le détroit de Belle-Isle, Cartier explore méthodiquement les côtes. Il longe le Labrador, puis descend vers le sud en suivant l’ouest de Terre-Neuve. Il découvre ensuite les Îles-de-la-Madeleine et contourne l’Île-du-Prince-Édouard.
Pensant avoir trouvé un passage vers l’Asie, il s’engage dans la Baie-des-Chaleurs, mais doit faire demi-tour. Une tempête le conduit finalement dans la baie de Gaspé, où il rencontre des indigènes venus pêcher.
Le 24 juillet 1534, il prend possession du territoire au nom du roi de France en y érigeant une croix, acte symbolique qui marque la revendication française de ces terres.
À Gaspé, Cartier rencontre des Iroquoiens de Stadaconé (près de l’actuelle ville de Québec). Les échanges sont d’abord pacifiques, mais deviennent plus tendus lorsque Cartier emmène avec lui deux jeunes hommes, Domagaya et Taignoagny, afin qu’ils servent d’interprètes en France. Cet épisode illustre la complexité des premiers contacts entre Européens et populations autochtones, mêlant curiosité, échanges, puis rapports de force et violence.
Le nom «Canada» apparaît lors du deuxième voyage de Jacques Cartier, en 1535. Guidé par Domagaya et Taignoagny, le navigateur entend pour la première fois le mot kanata, qui signifie village, établissement ou terre. À l’origine, ce terme désigne le village de Stadaconé, ainsi que ses environs. Cartier adopte rapidement ce mot et l’utilise dans ses écrits pour nommer non seulement ce lieu précis, mais aussi la région environnante et le fleuve Saint-Laurent, qu’il appelle « rivière de Canada ». Par la suite, à cause de ses récits et aux cartes européennes qui s’en inspirent dès le milieu du XVIᵉ siècle, le nom « Canada » s’impose progressivement pour désigner l’ensemble du territoire exploré par les Français en Amérique du Nord.
À l’approche de l’hiver et face aux difficultés de navigation, Cartier décide de rentrer en France. Il arrive à Saint-Malo le 5 septembre 1534. Ce premier voyage, bien qu’il n’ait pas permis de trouver une route vers l’Asie ni de grandes richesses, est une étape majeure. Il constitue une reconnaissance méthodique du golfe du Saint-Laurent et ouvre la voie aux futures explorations françaises en Amérique du Nord.
Les récits rapportés, ainsi que les informations fournies par Domagaya et Taignoagny emmenés en France, encouragent François Ier à organiser un second voyage dès 1535. Le départ de Jacques Cartier le 20 avril 1534 marque ainsi le début de l’exploration française du Canada. et la reconnaissance d’un vaste territoire encore inconnu des Européens.
Mots-clés: Evènements internationaux; Personnalités historiques
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