Sur le chemin de l'histoire

L’histoire de Genève à travers ses noms de rues

Au cœur de la Cité

Le temple de la Madeleine, entre enfer et paradis

Autour du temple de la Madeleine, on croise de curieux noms de rues : enfer, purgatoire… D’où viennent toutes ces appellations, et pourquoi encerclent-elles le temple ?

Un édifice médiéval

La première mention d’un lieu de culte à la Madeleine date de 1110. Il faut cependant attendre 1420 pour trouver une source qui associe l’église à Marie-Madeleine. En plein cœur d’une cité relativement peuplée et cloisonnée entre ses murs, l’église subit plusieurs incendies au cours du Moyen Âge, notamment en 1334 et le 1er avril 1430.

Au cours du XVIe siècle, le lieu devient un temple protestant. Guillaume Farel y prononce la première prédication réformée en français le 22 juillet 1535. (Hasard ou non, le jour de la Sainte Marie-Madeleine…). Le temple reste par la suite un lieu protestant.

Il subit encore d’importants changements aux cours des XVIIIe et XIXe siècles. De nouvelles restaurations en 1924 lui redonnent un aspect plus sobre et solennel, en démontant la façade et en changeant l’horloge de place.

Le temple de la Madeleine, entre enfer et paradis
Marie-Madeleine et son rouet

Qui est la fameuse Madeleine qui a donné son nom au temple ? Selon la légende, une pauvre fileuse nommée Marie-Madeleine habitait proche de cet endroit. De ces jeunes années jusqu’à son dernier souffle, elle a filé de la laine sur son rouet, devenu grinçant avec les années. Sa vie modeste lui a permis de mettre de côté une belle somme d’or, qu’elle a ensuite donné pour la construction de l’église.

En cherchant bien, on aperçoit d’ailleurs des rouets sculptés au plafond de la Madeleine…

Le temple de la Madeleine, entre enfer et paradis
Le temple de la Madeleine, entre enfer et paradis

Autour de l’église, le cimetière…

Au Moyen Âge, les cimetières se trouvent dans l’enceinte de la cité. Puis, les épidémies et le manque de place les font déplacer hors des murs de la ville, notamment à Plainpalais. Mais avant que le cimetière des rois ne soit créé en 1482 pour accueillir les cadavres des pestiférés, l’église de la Madeleine trônait au milieu d’un cimetière.

Si ce dernier a disparu à la Réforme, la Place de la Madeleine retient une partie de cette histoire en s’entourant des rues du Purgatoire et d’Enfer… Il existait d’ailleurs jusqu’au XIXe siècle, avant l’agrandissement de la Place de la Madeleine, une rue des Limbes et une rue du Paradis !

Le temple de la Madeleine, entre enfer et paradis
Détail de l’Atlas cantonal de Mayer, 1828

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Sources

Billeter, Stéphanie. « Le Temple de la Madeleine bâti au fil du rouet ». 20 minutes, 05.08.2010. En ligne ici

Noms géographiques du canton de Genève : https://noms-geographiques.app.ge.ch/

« Quelle est l’origine des noms de la rue d’Enfer et de la rue du Purgatoire ? ». InterroGE (Ville de Genève), 02.10.2023. En ligne ici

Images

Images 1 à 4: Photographie de l’auteure

Image 5: Détail de l’Atlas cantonal de Mayer, 1828. Capture d’écran du site ge200.ch, où se trouvent des cartes genevoises de 1735 à 2017.

https://www.ge200.ch/carto/

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