L’histoire du Sudoku dérive des jeux de maths, connus et appréciés depuis l’Antiquité. Les origines de ce jeu sont à chercher à l’international, entre la Chine, la France, les États-Unis et bien sûr, le Japon…
L’histoire du sudoku s’inscrit dans une longue tradition de jeux mathématiques. Dès l’Antiquité chinoise, on trouve le carré magique du Lo Shu (vers 650 av. J.-C.). Il s’agit d’une grille de 3×3 dans laquelle la somme des nombres est identique sur chaque ligne, colonne et diagonale.
Au XVIIIᵉ siècle, le mathématicien suisse Leonhard Euler développe le concept des carrés latins. Dans ces grilles, chaque symbole ou chiffre apparaît une seule fois par ligne et par colonne. Bien que dépourvus de sous-carrés, les carrés latins constituent le fondement logique du sudoku moderne.
À la fin du XIXᵉ siècle, les journaux français jouent un rôle majeur dans l’émergence de jeux de chiffres. En 1892, le quotidien Le Siècle publie un carré magique de 9×9 partiellement rempli, comportant déjà des sous-carrés 3×3. Toutefois, ce puzzle utilise parfois des nombres à deux chiffres et repose sur des calculs arithmétiques, ce qui le distingue encore du sudoku.
Le 6 juillet 1895, le journal La France publie une grille intitulée «carré magique diabolique», attribuée à un certain M. B. Mayniel. Cette grille se rapproche fortement du sudoku actuel. Elle n’utilise que les chiffres de 1 à 9 et admet une solution unique, même si les sous-carrés ne sont pas explicitement indiqués. Ces jeux deviennent populaires dans la presse française, avant de disparaître avec la Première Guerre mondiale.
Le sudoku moderne tel que nous le connaissons aujourd’hui apparaît aux États-Unis en 1979. On l’attribue généralement à Howard Garns, architecte américain retraité et créateur indépendant de jeux de réflexion. Sa grille est publiée par Dell Magazines dans Dell Pencil Puzzles and Word Games sous le nom de «Number Place».
Le principe est désormais fixé. Une grille de 9×9 divisée en neuf blocs de 3×3, dans laquelle les chiffres de 1 à 9 ne doivent apparaître qu’une seule fois par ligne, colonne et bloc. Howard Garns meurt en 1989, sans avoir connu le succès mondial de son invention.
En 1984, le puzzle est introduit au Japon par Maki Kaji, fondateur de la maison d’édition Nikoli. Il le publie dans le magazine Monthly Nikolist sous le nom «Sūji wa dokushin ni kagiru», signifiant «les chiffres doivent être uniques». Ce nom est rapidement abrégé en Sudoku.
Nikoli apporte deux innovations majeures: le nombre de chiffres déjà notés est limité et les grilles deviennent symétriques, améliorant leur esthétique. Au Japon où l’écriture de la langue se prête peu aux mots croisés, le sudoku connaît un immense succès et devient un pilier de la presse japonaise. Le mot «Sudoku» y est même déposé comme marque.
Le retour du sudoku en Occident est dû à Wayne Gould, juge néo-zélandais installé à Hong Kong. En 1997, il découvre le jeu dans une librairie japonaise et développe, pendant six ans, un programme informatique capable de générer automatiquement des grilles à solution unique.
En 2004, le Conway Daily Sun (New Hampshire) devient le premier journal hors du Japon à publier un sudoku. La même année, The Times de Londres adopte le jeu, déclenchant une véritable passion au Royaume-Uni, puis dans le monde entier. En quelques mois, le sudoku envahit journaux, livres, radios, télévisions et sites web.
Le jeu connaît également un immense succès numérique : logiciels, sites internet, applications mobiles et consoles de jeux. Simple dans ses règles mais exigeant en logique, le sudoku ne requiert ni calculs complexes ni connaissances linguistiques. Cette universalité explique sa diffusion fulgurante.
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Vous voulez découvrir l’histoire d’un autre jeu?
David Smith. « So you thought Sudoku came from the Land of the Rising Sun … ». The Guardian, 15.05.2005. En ligne ici.
Sophie Hienard. « Non, le sudoku ne vient pas du Japon ». Le Point, 07.08.2023. En ligne ici.
Camille Guesdon. « Japon: le « père du Sudoku » est mort à 69 ans ». RTL, 17.08.2021. En ligne ici.
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