Mathurin Cordier, né probablement en 1479 en Normandie, est une figure marquante de la Renaissance, reconnu pour son rôle de pédagogue, de théologien, et d’humaniste. Son parcours l’amène à jouer un rôle clé dans la transmission de la pensée réformée. Il contribue aussi à l’éducation de nombreuses générations.
Issu d’une famille modeste de paysans, Mathurin Cordier commence son éducation dans sa région natale avant de se rendre à Paris pour y poursuivre des études de théologie. Une fois ordonné prêtre, il exerce son ministère à Rouen tout en continuant à se passionner pour les sciences humaines, notamment la grammaire et la rhétorique. Ce goût pour la langue et la pédagogie se révèle être un axe déterminant de son parcours.
C’est à partir de 1514 que Mathurin Cordier commence à enseigner la grammaire dans divers collèges parisiens. Il occupe la chaire de rhétorique au Collège de la Marche en 1523, où il devient le professeur de Jean Calvin. Ce dernier, en hommage à la qualité de son enseignement, lui dédiera ses Commentaires sur la Première Épître aux Thessaloniciens. Cela souligne l’impact déterminant de Cordier sur sa formation intellectuelle.
Sous l’influence de figures comme l’imprimeur Robert Estienne, Cordier se rapproche des idées réformées. Il se convertit à la Réforme et fait le choix d’adopter un enseignement plus engagé, axé sur la lecture des Écritures et la moralité chrétienne. Dès 1528, il est régent de grammaire au collège de Navarre. Mais ses engagements religieux et ses vues réformatrices le poussent à quitter Paris pour fuir les persécutions.
La répression croissante des idées réformées contraint Cordier à fuir la France à la fin de 1536 ou au début de 1537. Il se réfugie à Genève, où il rejoint les réformateurs Jean Calvin et Guillaume Farel. Là, il enseigne au Collège de Rive. Cependant, l’instabilité politique liée aux tensions religieuses oblige Cordier à quitter la ville en 1539, pour se rendre à Neuchâtel, où il est nommé directeur des écoles.
C’est à Neuchâtel que son rôle de pédagogue se renforce. Il y reste jusqu’en 1545, année où il accepte l’invitation du Pays de Vaud pour prendre la direction du Collège Inférieur à Lausanne. De 1545 à 1557, il transforme cette institution en un centre d’enseignement réputé. Il contribue ainsi à la formation des jeunes générations dans un cadre réformé et humaniste.
Après avoir pris sa retraite en 1557, Mathurin Cordier retourne à Genève en 1559. Il y reprend brièvement son activité d’enseignement dans une classe du collège. Son rôle dans l’introduction et l’essor de la pédagogie réformée en Suisse, et plus largement en Europe, est indiscutable. Le 8 septembre 1564, à l’âge de 85 ans, il meurt à Genève, peu après la disparition de son ancien élève, Jean Calvin.
Mathurin Cordier laisse un héritage durable dans l’histoire de l’éducation et de la pédagogie chrétienne. Ses œuvres, notamment les Colloquiorum scholasticorum Libri quatuor (1564), un manuel de grammaire et de morale en latin, marquent un tournant dans l’enseignement des langues classiques. Ces ouvrages, sont réédités à de nombreuses reprises au cours des siècles suivants. Ils restent un modèle dans l’enseignement du latin.
Au-delà de ses contributions académiques, Cordier est également un modèle de vertu et d’engagement personnel. Pierre Bayle, dans son Dictionnaire historique et critique, souligne sa grande intégrité et son application à enseigner. Sa pédagogie humaniste, imprégnée de valeurs chrétiennes réformées, vise à la fois la formation intellectuelle et morale de ses élèves.
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Images 1, 4 et 5. Photographies de l’autrice.
Image 2. Domaine public, Wikimedia Commons.
Image 3. Bibliothèque de Genève. Domaine public, e-rara.
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